Tu rêves de faire construire ta maison neuve, mais entre le terrain, le constructeur, le contrat et les prêts, tout te paraît compliqué. La bonne nouvelle, c'est que le Prêt d'Accession Sociale (PAS) peut financer une grande partie de ton projet, si tu en comprends les règles. On t'explique tout, clairement, sans jargon.
À découvrir dans cet article :
Le Prêt d'Accession Sociale est un prêt immobilier réglementé par l'État. Il est réservé aux ménages aux revenus modestes et sert à financer une résidence principale. L'achat d'une maison neuve avec un Prêt d'Accession Sociale concerne aussi bien la construction que l'acquisition en VEFA (Vente en l'État Futur d'Achèvement).
Concrètement, il peut couvrir l'achat du terrain à bâtir, la construction de la maison, les VRD (raccordements et accès), les frais de notaire, les frais de garantie du prêt et certaines dépenses annexes selon les banques.
Le PAS peut financer plusieurs types de projets :
Pour les deux derniers cas, la banque demande un dossier plus solide avec des devis détaillés et des garanties renforcées.
Retrouve notre guide dédié au Prêt à Taux Zéro.
Le PAS est réservé aux ménages dont les revenus ne dépassent pas certains plafonds. Ces plafonds dépendent de deux critères : la zone du projet (A, B1, B2 ou C) et le nombre de personnes dans ton foyer. La banque se base sur ton revenu fiscal de référence N–2 (par exemple, les revenus de 2023 pour une demande en 2025).
Ton projet doit respecter des règles techniques et juridiques précises. Le terrain doit être constructible et conforme au Plan Local d'Urbanisme (PLU).
La maison doit respecter les normes énergétiques actuelles, notamment la Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020). Tu devras occuper le logement en tant que résidence principale dans l'année suivant la livraison.
Le PAS peut couvrir une grande partie du coût de l'opération :
En théorie, le PAS peut financer jusqu'à 100 % du coût du projet. En pratique, avoir un peu d'apport personnel (entre 5 et 10 % du montant) reste conseillé pour absorber les imprévus tels que l'adaptation des fondations, les finitions et l'ameublement.
La durée d'un PAS se situe entre 5 et 30 ans, parfois jusqu'à 35 ans. Pendant la construction, la banque peut mettre en place un différé de remboursement : tu ne paies que les intérêts intercalaires, puis la mensualité complète démarre une fois la maison livrée.
Le Contrat de Construction de Maison Individuelle encadre la relation avec le constructeur. Il précise le prix global et forfaitaire de la maison, les plans et la notice descriptive (matériaux, équipements), le délai de construction et les garanties obligatoires (livraison, parfait achèvement, décennale).
En VEFA, c'est le contrat de réservation puis l'acte authentique qui encadrent l'achat de ta maison neuve.
Avec un CCMI ou une VEFA, la banque débloque les fonds progressivement selon les appels de fonds. Chaque appel correspond à une étape clé du chantier :
Ce système protège à la fois le constructeur et l'acheteur.
L'assurance dommages-ouvrage est obligatoire pour toute construction neuve. Elle préfinance les réparations relevant de la garantie décennale en cas de problème sérieux comme les fissures importantes, l'affaissement et les infiltrations majeures.
Son coût représente généralement entre 2 et 4 % du prix de construction.
Commence par choisir soit un terrain constructible (vérifie le PLU et la viabilisation), soit une maison en VEFA dans un programme immobilier neuf. Anticipe le coût des raccordements si tu achètes un terrain.
Signe ton CCMI avec le constructeur ou ton contrat de réservation en VEFA. Ce document deviendra la pièce centrale de ton dossier de financement auprès de la banque.
La banque te demandera plusieurs documents parmi lesquels :
Une fois le permis de construire obtenu (si construction) et les délais de recours purgés, la banque valide définitivement le prêt et autorise les premiers déblocages pour le terrain et le démarrage des travaux.
Tout au long de la construction, tu recevras les appels de fonds. Avant chaque validation, rends-toi sur le chantier pour vérifier que l'étape est réellement terminée. N'hésite pas à poser des questions si quelque chose te semble incomplet ou différent des plans.
Le PAS bénéficie d'un taux plafonné par la réglementation, ce qui te protège partiellement des hausses de taux du marché. Il permet un différé de remboursement pendant la construction, ce qui permet d'éviter de cumuler ton loyer actuel et la mensualité complète du prêt.
Les frais de garantie peuvent être optimisés selon la banque et le type de garantie choisi. Surtout, le PAS se cumule facilement avec le PTZ, le Prêt Action Logement et des aides locales, ce qui réduit considérablement ta part de crédit classique.
D'ailleurs, on te propose d'approfondir le sujet sur comment trouver les aides locales pour acheter ton logement neuf.
Les délais d'instruction peuvent être plus longs qu'un prêt classique car la banque doit analyser en détail les plans, les devis et la solidité financière du constructeur. Toutes les banques ne sont pas conventionnées PAS, ce qui limite ton choix d'établissement. L'assurance emprunteur reste obligatoire sur toute la durée du prêt et peut représenter un coût important, avec des garanties décès, d'invalidité et d'incapacité exigées.
En cas d'imprévu sur le chantier (étude de sol défavorable, modification de plans, choix de prestations plus haut de gamme), tu ne peux pas toujours augmenter facilement le montant du PAS : prévois donc une marge de sécurité de 5 à 10 % dans ton budget initial.
Pour aller plus loin, on t'explique comment anticiper le prix d'acquisition de ta future maison neuve.