Tu achètes une maison neuve et tu entends parler de loi Carrez ? Sache que, dans la majorité des cas, ce n’est pas elle qui s’applique. La loi Carrez concerne essentiellement les appartements et les lots en copropriété, pas les maisons individuelles sur leur propre terrain.
On t'explique, sans jargon, dans quels cas précis la loi Carrez s’applique à une maison (copropriété horizontale, lotissement), comment faire la différence entre loi Carrez, surface habitable et surface utile (trois notions distinctes), comment repérer les erreurs fréquentes qui font gonfler artificiellement les surfaces annoncées, et comment vérifier que la surface indiquée dans ton contrat correspond bien à la réalité.
À découvrir dans cet article :
La loi Carrez impose la mention d’une surface privative (l’espace qui t’appartient) uniquement pour les lots en copropriété (ensemble immobilier où plusieurs propriétaires se partagent des parties communes).
Elle a été pensée à l’origine pour les appartements, mais elle peut aussi concerner certaines maisons neuves dans des cas bien précis.
La loi Carrez s’applique à une maison neuve si celle-ci est juridiquement un lot de copropriété, par exemple :
Dans ces situations, ta maison est vendue comme un lot, au même titre qu’un appartement.
Si tu achètes une maison individuelle sur son propre terrain, hors copropriété (c’est le cas le plus fréquent), la loi Carrez ne s’applique pas.
Le vendeur ou le constructeur n’a aucune obligation légale de mentionner une surface Carrez dans le compromis ou le contrat.
Tu l’auras compris : pour une maison classique sur terrain privé, seule la surface habitable compte juridiquement.
Que ce soit pour l'achat d'une maison en VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement, achat sur plan) ou en CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle), la surface de référence légale est toujours la surface habitable.
C’est elle qui figure dans la notice descriptive (document détaillant ce qui sera construit), les plans et le permis de construire.
D'ailleurs, on t'a concocté un guide pour t'expliquer comment se passe l’achat de ta maison sur plan.
Certains professionnels mentionnent une « surface Carrez » par habitude commerciale ou par souci de transparence.
Garde en tête que, hors copropriété, cette information est indicative et n’a aucune valeur juridique contraignante.
Pour une maison neuve, la surface habitable est définie par le Code de la Construction et de l’Habitation (article R111-2).
C’est la surface légale utilisée pour comparer les biens, fixer le prix au m² et établir les documents administratifs.
Pour en savoir plus, consulte notre guide sur le calcul de la surface habitable de ta maison.
Sont comptabilisés dans la surface habitable :
Ne font jamais partie de la surface habitable :
Seule la partie des combles avec une hauteur ≥ 1,80 m pourra devenir surface habitable après travaux d’aménagement déclarés.
Les zones sous pente (où tu ne peux pas te tenir debout) restent des surfaces de rangement utiles, mais non comptées légalement dans l’habitable.
| Type de surface | Quand s’applique-t-elle ? | Ce qui est inclus |
|---|---|---|
| Loi Carrez | Maison en copropriété uniquement | Pièces closes ≥ 1,80 m (hors garage, combles) |
| Surface habitable | Maison individuelle (référence légale) | Pièces de vie chauffées ≥ 1,80 m |
| Surface utile | Argument commercial (non légal) | Habitable + 50 % des annexes (cave, cellier) |
Tu l’auras compris : la surface utile est souvent utilisée dans les annonces pour faire paraître la maison plus grande, mais elle n’a aucune valeur juridique.
La surface « utile » ou « commerciale » inclut souvent des annexes pondérées (cave comptée pour 50 %, cellier, etc.). Elle ne doit jamais être confondue avec la surface habitable, seule surface qui compte légalement.
Même s’ils sont indispensables au quotidien et augmentent la valeur de ta maison, ces espaces ne sont pas des mètres carrés habitables. Un garage de 20 m² ne s’ajoute pas aux 100 m² habitables de ta maison.
Tant qu’ils ne sont pas aménagés avec une hauteur suffisante (≥ 1,80 m) et conformes aux normes (chauffage, isolation, accès sécurisé), les combles restent exclus de la surface habitable.
Terrasse, abri voiture ou local technique sont inclus dans le prix global de ta maison, mais pas dans la surface habitable légale. C’est normal et ça ne diminue pas leur valeur.
Une extension future ou un aménagement de combles augmentera la surface habitable uniquement après réalisation des travaux et déclaration administrative. Ne compte pas ces surfaces dans ton achat initial.
Le compromis de vente ou le CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle) doit mentionner clairement la surface habitable prévue.
C’est cette donnée qui fait foi juridiquement et qui peut justifier un recours si elle est erronée.
On te propose de lire notre guide sur le compromis de vente de ta maison achetée sur plan.
Demande systématiquement avant de signer :
Les surfaces indiquées doivent être strictement cohérentes entre le contrat de réservation, les plans d’architecte et le permis de construire.
Toute différence doit être expliquée et corrigée avant signature définitive.
Un géomètre-expert ou un diagnostiqueur professionnel peut confirmer la surface réelle à partir des plans avant la signature définitive (coût : 200-400 €).
C’est un investissement qui peut t’éviter de mauvaises surprises.