Tu vas réceptionner ton appartement acheté sur plan ? Dans l’immobilier neuf, ce mode d’acquisition est encadré par la VEFA, pour « Vente en l’État Futur d’Achèvement ». Concrètement, tu achètes un logement qui n’est pas encore terminé, sur la base de documents contractuels.
On t'explique, sans jargon, comment vérifier la conformité de ce qui t’est livré en comparant l’acte de vente, la notice descriptive et les plans, et comment réagir si tu constates une non-conformité.
À découvrir dans cet article :
Un appartement neuf est conforme lorsque ce qui est livré correspond exactement à ce qui est prévu dans tes documents contractuels : l’acte de vente, ses annexes (dont la notice descriptive) et les plans signés.
Ce qui fait foi, ce n’est pas la plaquette commerciale « séduisante » ou les visuels marketing : ce sont les documents contractuels, datés et annexés à l’acte, ainsi que les éventuelles modifications validées par écrit. La conformité se juge donc en confrontant « document » et « réalité ».
Tout problème constaté lors de la livraison n’est pas automatiquement une non-conformité. Il est important de faire la distinction :
| Terme | Ce que ça veut dire | Exemples concrets en appartement | Ce que tu fais le jour de la livraison |
|---|---|---|---|
| Défaut | Un problème de qualité ou d’exécution (finition, fonctionnement…) | Rayures sur vitrage, prise qui ne fonctionne pas, peinture mal faite | Tu notes une réserve si le défaut est visible et/ou testable |
| Réserve | Une mention écrite au PV de livraison (procès-verbal signé lors de la remise des clés) : tu acceptes le logement, mais demandes une correction | Plinthe manquante, porte qui frotte, robinet qui fuit | Tu décris précisément le problème (lieu, mesure, photo) |
| Non-conformité | Un écart entre ce qui est livré et ce qui est prévu contractuellement | Cloison déplacée par rapport au plan, équipement différent de la notice, parking non conforme au lot | Tu notes une réserve « non-conformité » et demandes une mise en conformité |
On t’a concocté un guide clair sur comment émettre des réserves pour non-conformité d’un appartement neuf.
Les deux documents centraux sont l’acte de vente et la notice descriptive (souvent appelée notice technique). Cette notice détaille les matériaux, équipements et finitions que le promoteur s’engage à livrer : sols, menuiseries, sanitaires, système de chauffage, etc.
La notice descriptive constitue ton « contrat technique ». Si un équipement ou une prestation y est mentionné noir sur blanc, il est opposable au promoteur en cas de litige.
Les plans VEFA signés (plans du logement et parfois plans d’étage) permettent de vérifier l’implantation des pièces, les ouvertures, les cloisons et les emplacements techniques.
Si tu as demandé des TMA — des « Travaux Modificatifs Acquéreur », c’est-à-dire des adaptations personnalisées par rapport au plan initial — conserve et imprime les plans modificatifs ainsi que les devis ou avenants signés. Ce sont eux qui actualisent ce qui est contractuellement opposable.
Dans l’immobilier neuf en collectif, la copropriété joue un rôle clé. Le règlement de copropriété et l’état descriptif de division (EDD) servent à vérifier :
La meilleure méthode consiste à arriver avec une check-list structurée et à vérifier chaque point méthodiquement.
Parmi les points les plus sensibles :
Lors de la livraison, tu es généralement accueilli par un représentant du promoteur ou de l’entreprise chargée du chantier. Le syndic, qui gère la copropriété, n’est pas systématiquement présent lors des livraisons individuelles.
Tu peux également te faire accompagner par un professionnel (architecte, expert bâtiment). Ce n’est pas obligatoire, mais cela peut sécuriser l’analyse technique et la rédaction des réserves.
Les écarts les plus souvent constatés concernent :
Exemple chiffré : écart de surface « toléré » en loi Carrez
En copropriété, si la surface réelle est inférieure de plus d’un vingtième (soit plus de 5 %) à celle indiquée dans l’acte, tu peux demander une diminution proportionnelle du prix.
Des non-conformités peuvent également concerner les parties communes : finitions du hall, ascenseur, local vélos, accès au parking, éclairage ou espaces verts.
Selon l’organisation retenue, certaines réserves sont traitées via la copropriété. Rien n’empêche toutefois de documenter les écarts (photos, descriptions datées) pour les signaler rapidement.
L’erreur la plus courante consiste à noter des réserves vagues comme « à revoir » ou « non conforme ». À l’inverse, une réserve efficace doit être précise :
Lorsqu’un défaut est visible le jour de la livraison, mieux vaut le consigner immédiatement. Le Code civil encadre en effet la notion de défaut apparent à la prise de possession.
Après la livraison, plusieurs garanties entrent en jeu. Point essentiel : la réception du logement est l’acte juridique qui déclenche ces garanties.
La garantie de parfait achèvement impose au promoteur de corriger, pendant un an, les désordres signalés lors de la réception ou notifiés par écrit dans l’année qui suit.
Après réception, trois grandes protections s’appliquent :
En cas de blocage, un recours amiable est souvent la première étape (courrier recommandé, mise en demeure). Si le désordre relève de la décennale, l’assurance dommages-ouvrage, qui préfinance les réparations couvertes, permet d’engager les travaux sans attendre que les responsabilités soient définitivement tranchées.
Et pour aller encore plus loin, retrouve notre guide sur la garantie de parfait achèvement pour un appartement neuf.